
On ne choisit pas le jour où ils viennent nous visiter. À cause d'eux, on a comme une boule dans la gorge, le dos courbé, les pieds qui traînent, une petite larme qu'on retient.
Histoires d'eau et de bitume




À voir pour cette poésie visuelle d'une grande lenteur à l'image des tableaux d'Hokusai. Parce qu'on y parle de l'épanouissement des êtres à travers l'amour et de l'éphémerité de la vie. Pour le regard émouvant de l'acteur allemand Elmar Wepper. Pour le buto du danseur Tadashi Endo. Cherry Blossoms Un rêve japonais, un film de Doris Dörrie.
La botte de poireaux patiemment hâchée et les pommettes bouillonnantes dans leur sirop. Des parfums se mélangent et s’amalgament dans ma nouvelle cuisine fraîchement rénovée. Des petits morceaux d’été que j’emmagasine au frais, bien que je n’ai pas de cellier sous terre à l’instar d’Elliston, nommé capitale mondiale du Root Cellar qui en possède plusieurs dizaines dont certains ont plus de cent ans.
Elles ont entrepris leur long retour vers leur quartier d’hiver. 5000 kilomètres aériens pour atteindre le golfe du Mexique. Trois petites femelles visitaient les mangeoires assidument jusqu’à les vider à plusieurs reprises. Je pouvais les reconnaître aux quelques variations dans leur plumage. Leur présence a rythmé mes journées d’été passé à la maison. J’ai commencé à les attendre, mes petites colibris. Rendez-vous fixé fin avril, début mai.


J’ai une affection toute particulière pour les chefs d’oeuvrages, ces ouvrages réalisés avec le cœur. Ils me font très souvent rire, ne sont jamais prétentieux, mais, toujours émouvants, et tellement vrai. Ce charmant loup des mers veillait candidement sur la petite baie de Main de Dieu sur l’île du Cape Breton. Impossible de connaître son auteur, sans doute un monsieur d’la place un peu timide.
Je me suis rendue à l’Anse St-Jean très tôt, je me doutais que ma journée serait hors du commun, en fait., elle fût exceptionnelle. La Zec Rivière St-Jean-Saguenay avait invité une douzaine de femmes pour une initiation à la pêche au saumon. Aucune de nous n’avait déjà pêché à la mouche. Après une journée passée à écouter les conseils de mon guide, je dois dire que mes lancers n’ont pas atteint la grâce que j’espérais. Voir les soies s’élancer et revenir vers l’eau, c’est esthétiquement très beau et presque poétique. Ça requiert de la technique, je croyais la chose beaucoup plus facile. Certaines d’entre nous ont tout de suite eu «La Touch», les chanceuses. Aucune de nous n’a eu la chance de ferrer une prise. Je peux quand même dire que mes mouches ont excité quelques GROS salmonidés qui ont pirouetté et montré beaucoup d’intérêts. Les voir s’agiter, sortir de l’eau, montrer la tête et la queue c’est presque comme en prendre un.
Journée parfaite pour une sortie en kayak. Il faut presque toujours compter sur une bonne houle océanique et/ou des vagues croisées. Au départ, tout semble calme. En quelques minutes, tout change, le vent se lève et les conditions deviennent plus difficiles. Évidemment, on revient toujours avec le vent en pleine face. Pourquoi? Question sans réponse!
Nous avons passé quelques jours à Brigus. Charmante petite localité musée aux maisons de bois cloturées et aux ruelles étroites, qui a vu naître en son sein, le célèbre navigateur Robert Bartlett. Celui-ci a mené plus de quarante expéditions en Arctique à bord de sa goélette le Effie M. Morrissey en plus d’accompagner le commandant Robert Peary dans ses tentatives pour atteindre le pôle Nord, au début du vingtième siècle.
Par jour de pluie et de gros vent, c’est en marchant plus d’une heure et demie dans la lande que nous avons foulée sous nos petites pantoufles bleues obligatoires, des fossiles datant de plus de 650 millions d’années. Ces petits êtres qui ressemblent à des fougères sont très rares et n’ont été retrouvés ailleurs qu’en Australie.
Le très coloré Stan Cook, une sommité Terre-Neuvienne dans le monde du kayak, rencontré près de son entreprise et ensuite sur l'eau avec son groupe de clients nous a donné généreusement toutes les informations nécessaires pour atteindre la plus spectaculaire des grottes, celle si bien nommée la Cathédrale. Nous n'avons pas fait beaucoup de sorties en mer, mais, elles étaient toutes de grande qualité et toutes mémorables.
Les puffins! Chacune de nos rencontres avec ces oiseaux rigolos, attendrissants nous a émus. Bien sûr à Elliston, si près, trop près. Sans doute que notre présence et celle de tous les touristes qui veulent capter leur image, perturbe leur comportement et met en péril leur reproduction. Par la suite lors d'une croisière privée dans la réserve écologique de Witless Bay avec l'équipage du Mullowney's de Bay Bull, cette fois, les distances réglementaires étaient respectées. Je garde en moi plus particulièrement, cette journée au Cape Broyle où pagayer en leur compagnie fut la cerise sur une journée déjà rendue spectaculaire par plusieurs visites de cavernes creusées dans les falaises. Les petits macareux apparaissaient chaque côté de nos kayaks, le bec rempli de leurs prises, pressés de déguerpir vers leurs progénitures.
À bord du John and Clara Smallwood, alors que nous amorçons une traversée d'une durée de 16 heures d'Argentia vers North Sydney, j'en profite pour mettre à jour la suite de notre périple.
Les icebergs sont nombreux à cheminer doucement dans le détroit de Belle-Isle. À l'horizon, on distingue les côtes du Labrador. Nous en avons dénombré plus d'une trentaine de tous les formats, du gigantesque au plus modeste, comme celui-ci. En se brisant sur les rives, ils abandonnent des morceaux de glace cristalline que nous avons goûtée. Peut-être une eau millénaire. On dit que c’est l’eau la plus pure.